LES PERLES-AUDIO DU LUNDI 22 MARS 2021

♦ La conscience peut-elle avoir conscience d’elle-même ?
Es-tu heureux ?

Peut-on apprendre à rire ?

La conscience peut-elle avoir conscience d’elle-même ?
• Es-tu heureux ?
• Peut-on apprendre à rire ?

L’adage de la semaine…
« Voilà le rôle de la poésie. Elle dévoile, dans toute la force du terme.
Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur,
les choses surprenantes qui nous environnent
et que nos sens enregistraient machinalement
»
Jean Cocteau (Le secret professionnel).

♦ L’EXPÉRIENCE HEBDOMADAIRE DE PROFONDE BONNE HUMEUR

Une âme de cristal dans un corps de carapace
Plongée dans la beauté de l’onde des mondes
Entourée d’autres âmes aux mille voix vivaces
Proclame la majesté de nos vies à la ronde.

En voyant cette image d’un corps de ballet autour d’une tortue océane
Que vous dites-vous ?
C’est beau ?
Un point, c’est tout : je connais ? Et puis, vous passez machinalement à autre chose.
À moins que vous soyez déchiré par une étrange diagonale de la joie ?
Une soudaine révélation.
Emporté comme par un cri étouffé d’exaltation.
Une plongée dans l’inconnu.
Sachez alors que cet éclat soudain de poésie dans la vie, ce coup de foudre inopiné a refaçonné votre propre cerveau à la vitesse de la lumière.
Votre matière grise s’est irisée et nacrée.
La bonne humeur, par temps sombre, est de plus en plus cruciale, non pas seulement parce qu’elle facilite nos allées et venues, mais surtout parce que les larmes, autant de joie que de tristesse, donnent naissance à des perles de risée.
Des lucioles éclairantes qui ne font pas qu’humecter nos yeux,
mais qui illuminent des zones d’ombre dans notre pensarde et nous parlent au cœur.

• Cela s’appelle la poésie dans la vie
C’est à la fois une nourriture pour l’âme et par dessus tout un encouragement à offrir des présents encore jamais pressentis, des loupiotes de sagesses à transmettre pour éclairer différemment nos vies, des idées inédites, époustouflantes et tombant juste.

« Il est grand temps de rallumer les étoiles » — Guillaume Apollinaire

Reprenons cette tortue royale, avec ses amis complices de l’espace-temps des bons vivants, si fièrement colorée et si lumineusement gracieuse, en lien avec toute âme qui vive comme vous et moi. Ne nous offre-t-elle pas un point à la fois d’interrogation, de fusion et de diffusion ?
Une pointe de révélation ?
Aujourd’hui, extraire ces sens oubliés dans la pénombre, secréter des pensées perlières, c’est plonger son existence dans un bain révélateur de bonne humeur. Mais ce n’est pas le seul but de la manœuvre. Les humeurs océanes qui nous baignent en profondeur sont essentielles pour mieux nous enchanter et créer des embellies dans nos vies.

• Quand la poésie resurgit
Poêsia – cet ancien mot grec découle d’un verbe : poiein qui signifie « créer » et « façonner », par opposition à « faire », « fabriquer » et « exécuter ». Plus précisément, pour que le monde fonctionne, il ne suffit pas de reproduire des actions selon des modes d’emploi et des procédures, des procédés ou des processus automatiques, il est besoin d’ajouter des « je-ne-sais-quoi » aux visions butées, des suppléments d’âme qui relèvent les goûts affadis par simple habitude.
Les pensées perlières, qui résultent de plongées aux sources des humeurs créatives, aident à sortir de la déprime et de la dépréciation, pour cause de surmenage machinal et trop banal.

« Tout ordinaire, quasiment vulgaire. » — Alain Souchon.

La poésie ne fonctionne pas par le biais de dispositifs mécaniques, de rouages et de l’électronique, mais elle nous… « onctionne » du dedans. Elle se distille et s’infuse par la surprise quand soudain un éclat de lumière surgit de l’ombre.
La cure de bonne humeur, si vous ne l’aviez pas déjà remarqué, est un entraînement journalier à sortir de soi-même et à magnifier l’insu qui se trouve au fond de l’autre et de l’onde.
Entendez-vous, dans le mot de passe : « poésia », le son inaudible des voyelles derrière la consonne P ?
Pet – Cette syllabe souche signifie à la fois : « chuter et se relever ».
En sanskrit : padayate, « le pied qui tombe » et padayam, « le pied qui s’élance » ; en latin : pessum, « faire tomber », qui donne en français le mot : « pessimisme », et petitum : « lancer et essayer d’atteindre », d’où en français : « pétiller ».
– Oh – Surprise ! Se retrouver dans l’inattendu et explorer l’imprévisible !
Éh! Éveil ! La curiosité envers ce qui est beau, bon, bien et ce dont on a besoin !
– Hi ! Joie ! Mettre la main à la pâte et contribuer à prodiguer du bel ouvrage en partage !
– Ah! Aise ! Approfondir ensemble à travers la qualité de nos échanges, de nos présents et de nos dons !
Vivrons-nous demain dans un monde de plus en plus en « compétition », avec l’idée de faire chuter nos adversaires et d’éliminer ceux qui ne sont pas de notre bord ?
Ou parviendrons-nous à contrebalancer les mouvements mortifères et à nous vouer à la « compétillance », avec pour option de susciter à nouveau une envie de réussir à bien vivre, non seulement seul, mais tous ensemble ?

• Cent mille milliards de neurones…
peuplent chacune de nos voûtes crâniennes et peuvent être entraînés.
Grâce à eux, nous pouvons quitter nos idées fixes, sortir du carcan de nos raisons et nous inviter à être plus vivifiants. L’incitation à entrer en amitié avec notre cerveau profond, de tout temps appelée poésie, et désormais nommée par les neurosciences : rencontre avec son cerveau par défaut, change toutes nos perspectives horizontales, verticales et surtout transversales, jusqu’à nous laisser stupéfaits.
Dans ce temps « nanoscospés » et compressés, c’est une nécessité toute affaire cessante de retrouver un peu de cette poésie fondamentale des humeurs minérales, florales, animales et humaines. Les idées qu’on se fait peuvent être à nouveau inspirées par celles qu’on ne se fait pas. On s’aère les méninges par des courants d’art impromptu. On « déméninge » sa matière grise en saupoudrant ses activités communes d’un zeste hors du commun. On réinvente ses relations habituelles et ses paroles ordinaires pour se raviver les couleurs du jour et nuancer ses talents latents restés en attente.
Chaque instant est privilégié, car il peut devenir l’occasion d’une déclaration de rupture avec la société de consommation et de destruction, au profit d’une société de co-création, d’adaptation et de « réadoption ».
Il est temps, tels des artisans, par le truchement de la poésie dans nos us et coutume, de réveiller nos élans créateurs à travers nos poésies du moment.
« Le temps est venu où tous les poètes* ont le droit et le devoir de soutenir qu’ils sont profondément enfoncés dans la vie commune des autres hommes**. »
— Paul Éluard.


* Aujourd’hui, on ajouterait : « … et poétesses. »
**  … et des autres femmes. »

• LE CADEAU DE LA SEMAINE

Les 4, 5 et 6 juin 2021 – En Ardèche

L’ÉLAN CRÉATEUR
RÉ-INVENTONS NOTRE MONDE…
Un atelier de développement créatif
Animé par Bernard Leblanc-Halmos

Des entraînements de base en vue
de mieux bondir 
et rebondir en toute occasion
dans ces périodes de transitions.

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Réécoutez les extraits de la semaine dernière…